Soixante deuxième jour – Caldas de Reis / Vigo

Dans un petit café de Vigo, je vous relate mes dernières 24h et plus.

Au petit matin, à 7h22, je partais de Caldas de Reis, de l’auberge où j’avais passé la nuit. La dernière auberge en Espagne.

Les Stats:
Caldas de Reis / Vigo:

51,58 kms / 4h14 / 559m de dénivelé positif / 557m de dénivelé négatif

J’ai beaucoup suivi le tracé du Camino Português, que je suis depuis Santiago de Compostela.
En préparant ma journée, j’avais un peu regardé la route, mais je n’avais pas pu me rendre compte à quel point je prenais le chemin avec les marcheur.euse.s. Je me suis trouvée dans la même difficulté qu’au début du voyage à prendre de grande montée, très raides et dans des chemins plein de petits et gros cailloux.
C’est dans ces moments-là qu’on se demande pourquoi on a pris la recharge de butagaz et 2 bouquins dans ses sacoches, ainsi qu’un énorme pot de beurre de cacahuète.
J’ai donc eu beaucoup de mal. J’en ai bavé. Le dénivelé est moins impressionnant que sur d’autres journées, mais à ce stade il y a des épreuves plus difficiles mentalement que d’autres.

C’est décidé, je prendrais que les routes à partir de maintenant. Marre des chemins!

Alors je vous dis ça comme si c’était le principal de la rando mais en réalité jusqu’à Ponferada, j’ai eu du kiffe en masse:

Trop joli, non?

Ensuite, l’avantage du chemin était que j’étais à l’ombre dans de petites forêts et surtout je m’approche de l’eau. Je suis un peu dans les Abers !

Je ne peux passer l’épisode un peu traumatisant de l’étape: des escaliers.
Et oui, voilà, on suit un itinéraire cyclable et à un moment on se retrouve devant des escaliers. Un cul de sac. Si tu renonces tu dois faire demi-tour sur 3kms et prendre une route encore plus haut, un gros dénivelé. Bref. Que faire. Je ne sais plus. Est-ce que j’ai vraiment encore l’esprit à faire le tri après 2000kms, et à 10kms de mon arrêt? Non.
J’y vais.
Et donc fatalement, c’est la merde. Oui. Je me coince. Je prends le vélo sur tous mes membres. J’essaie mille manières. Aucune ne fonctionne. Après 1/4 d’heure, je finis par trouver une position où je me sers principalement des freins, mais j’ai peur. J’ai tous le poids de ma vie et bici sur mes cuisses, mes bras et mes épaules.
Finalement un couple souhaite monter. Je leur explique qu’il va falloir qu’iels attendent que j’ai fini, et c’est compliqué. Le monsieur vient à ma rescousse.
Il me sort du pétrin. Il me sauve un peu la vie. J’ai eu envie de l’enlacer, mais j’ai pas senti sa vibe, alors je me suis abstenue.
Au bout, j’ai lâché toute la pression et ai laissé échapper quelques larmes, qui m’auront soulagées et permis de me remettre en route.

Il reste peu de trajet. J’utilise google maps, car je sais qu’il me fera passer par les routes à ce stade. Le long de l’estuaire – l’aber – je me détends et profite des paysages.

J’arrive à 14h chez Alberto, le chef de chœur. Bernard et Dominique, mes oncle et tante du Finistère, m’ont mise en contacte avec lui après un échange entre leur chœurs.
Je suis accueillie à bras ouverts chez le couple au Nord de la ville. Il y a toute la famille, c’est le déjeuner du dimanche. Le repas est énorme, dans leur maison incroyable qui donne sur l’estuaire que vous voyez en photo. C’est trop beau. Et le repas est incroyable.

Me voici avec Alberto à la fin du repas.
Je dors dans le centre ville chez Asunción. J’ai quelques kilomètres à parcourir sur une longue piste cyclable: une ancienne voie ferrée.

8,48kms / 38 min / 77m de dénivelé positif / 61m de dénivelé négatif

J’arrive pour la sieste. Je suis cuite.
Je m’installe, fais connaissance avec Asunción. C’est pas simple, car elle a un bon accent espagnol. Déjà, que c’est pas facile à comprendre un Espagnol en temps normal – car iels ne sont pas lents comme en Amérique du Sud <3 – mais là, vraiment c’est pas facile. Ceci dit, on arrive à se débrouiller, malgré sa surdité et sa cécité.
Elle m’accueille à bras ouverts et m’indique tout ce qu’il faut pour que je passe un joli moment chez elle. J’y reste 2 nuits.

Le soir, je pars à pieds à la Concatedral – Basilica de Santa Maria de Vigo. Le chœur d’Alberto y joue ainsi que deux autres chœurs de l’association de chants polyphoniques de Vigo.

Vous allez rire: une personne de l’association, présente le répertoire et me dédie le concert. Elle raconte en quelques phrases que je viens de Paris en vélo, et globalement ce que je fais, avec quelques approximations ou embellissements. Je ne sais pas trop où me mettre: ouf, personne ne sait qui je suis.
Le concert démarre et le chœur fait résonner cette cathédrale. Je ne suis pas très familière de chants antiques et religieux, mais les polyphonies ça reste trop classe. Je passe un super moment.
Et voilà qu’Alberto, se retourne et vient me chercher dans l’église. Il me prend par la main et me voilà à aller chanter un chant que je ne connais pas devant une cathédrale pleine. Je me mêle au chœur. Suis la mélodie de la section où je me trouve. Impro totale. Une fois le chant terminé, je file à ma place!

A la fin de tous les concerts. Des choristes viennent me voir et me félicitent pour le voyage.
Je repars à pieds chez Asunción et profite de l’air frais et du coucher de soleil sur Vigo.

Il est 18h. Il me reste quelques épisodes à vivre à Vigo, mais aujourd’hui, j’ai bu un café au Musée d’Arts Contemporain où travaille Alberto. Moi et son gendre avons eu droit à une visite du bâtiment un peu top secrète car le musée est fermé au public aujourd’hui.

Nous n’avons pas trop vu les collections, mais ça donne envie de revenir.
J’ai aussi fait ma mission à la gare pour savoir comment rentrer chez moi. Clairement, il y a des obstacles, mais je pense avoir trouvé la solution. En partie. Disons que pour le vélo, c’est bon!

Demain je repars de Vigo. Il me reste 3 jours de vélo jusqu’à Porto. Je suis très excitée à l’idée d’arriver. J’ai l’impression d’arriver chez moi. J’ai hâte.

4 commentaires

  1. Ravis que tu aies pu passer un bon moment avec Alberto et que tu aies pu chanter dans cette cathédrale où notre chorale avait reçu une standing ovation dont nous gardons un tel souvenir

  2. Wah ! Wah ! Encore une belle aventure ! Je comprends tes larmes devant l’escalier avec bici ! Même si tu as les larmes faciles, moi j’aurais pleuré aussi. Mais effectivement les photos sont belles, pas étonnant que cela te rappelle les abers. Et si tu peux eviter les chemins creux ! C’est plus beau, mais plus difficile avec un vélo 🚲 🚲 🚲.
    Tu es bientôt au Portugal ! Que d’histoire à raconter !!!!!
    Des bisous 😚 😚 😚 des bisous 😚 😚 😚

  3. Félicitations et courage pour les dernières étapes. 🚴🚴‍♀️🚴‍♂️🚵🚵‍♀️🚵‍♂️🚴🚴‍♀️🚴‍♂️🚲🚳

  4. Félicitations Lara pour ton courage et ton opiniâtreté. T’es une guerrière !! (c’est ce qu’on dit chez les Martin) des bisous

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